jeudi 7 mai 2009
Redémarrage système
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Florian Lecoultre
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samedi 6 septembre 2008
Le fruit de la semaine, la banane !
BANANE [banan]. n.f. (1602, du lat. ; bannanas, 1598, du port.). ◊ 1° Fruit oblong (baie), à pulpe farineuse, à épaisse peau jaune, que produit la grappe de fleurs du bananier. V. Régime. Bananes flambées. Glisser sur une peau de banane (exemple plaisant d’accident). ◊ 2° Par anal. Fam. Décoration militaire. ◊ Butoir de pare-chocs. ◊ Grand hélicoptère à deux rotors. ◊ Coiffure masculine consistant en une épaisse mèche gominée enroulée au-dessus du front. – Chignon banane, où les cheveux sont ramassés derrière la tête de manière à former un rouleau vertical.
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Jordan Parisse
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dimanche 17 août 2008
Le Parti Démocrate

Ah, vaste affaire ! Je vous rassure, ce post n'a pas la prétention d'y répondre. Mais dans cette période électorale très animée aux États-Unis, on peut néanmoins s'intéresser à ce parti aux multiples facettes, à sa façon de fonctionner et à son devenir.
Un peu d'histoire avant de commencer cette "plongée". Le Parti Démocrate a été créé par Thomas Jefferson, qui fut le 3ème président des États-Unis d'Amérique, mais pas sous la forme que l'on connaît actuellement. Une arme politique pour lutter contre son ennemi politique Alexander Hamilton. C'est au moment de la naissance du Parti Démocrate-Républicain que naîtra l'esprit bipartisan qui a toujours cours au pays de l'Oncle Sam. Notons d'ailleurs qu'après avoir écrasé les Fédéralistes (le parti d'Hamilton), le Parti Démocrate-Républicain connaîtra une scission, ce qui donnera l'oppostion que l'on connaît actuellement entre Républicains et Démocrates...
Alors, "progressistes" tout de suite ? Non en fait. Après la scission entre le Parti Whig (qui se disaient Républicains) et le Parti Démocrate, apparaît une ligne très éloignée de celle de Jefferson, qui rappelons-le, était une figure des Lumières. En effet, ces derniers se font les défenseurs des États opprimés par "l'interventionnisme fédéral" et sont très populaires chez les... sudistes conservateurs. Toute est une question de subtilité en politique aux USA et il faut suivre pour ne pas perdre le fil, je vous l'accorde... En 1860, les courants démocrates ne parviennent pas à s'accorder pour les présidentielles et présenteront deux candidats face au républicain Lincoln. Cela le fera gagner, puisque ce dernier remporte les élections, en étant minoritaire. Y a rien de bon dans la vision, isn't it ?
Et patatras, les démocrates (toujours conservateurs et pro-esclavagisme) connaissent une scission entre démocrates du Sud et du Nord. A la fin de la Guerre de Sécession en 1865, le Parti Démocrate ne pèse plus rien, surtout du fait que les habitants du Sud ont été déchus provisoirement de leur droit de vote. Le tournant à gauche se fera véritablement à la fin du XIXème siècle, notamment sur les questions économiques car sur le plan sociétal, il reste conservateur. Sur le plan électoral, les défaites sont fréquentes, car en 77 ans, les USA ne connaîtront que deux présidents démocrates : Cleveland et W.Wilson.
Les courants progressistes, modérés et conservateurs s'équilibrent. La suite, on l'a connaît, le président Franklin Delano Roosevelt mettra en place une politique économique d'inspiration keynésienne et quelques années plus tard, Truman se prononce officiellement contre la ségrégation et les inégalités entre blancs et noirs.
Or, le Parti Démocrate n'en tire pas une ligne progressiste claire et se déchire toujours en interne. Car, si le Parti Démocrate commence à se placer à gauche de l'échiquier politique, les conservateurs démocrates du Sud ne s'y retrouvent plus et en 1968, Hubert Humphrey, le candidat démocrate à la succession de Lyndon B.Johnson échoue de très peu face à Richard Nixon. Il avait en face de lui le Parti Républicain emmené par Nixon mais aussi l'A.I.P (American Independent Party), les démocrates conservateurs ! Ceux-ci empochent d'anciens bastions démocrates : la Louisiane, l'Arkansas, le Mississipi, l'Alabama et la Géorgie, états rebelles lors de la Guerre Civile !
Tout s'explique ! Ensuite, les démocrates reprendront le pouvoir en 1976 par le biais du fameux producteur de cacahuètes Jimmy Carter, gouverneur de Géorgie, qui fut aussi bien apprécié par les démocrates du Nord que ceux du Sud.
Cet historique n'a pas, pour unique but, de vous assommer mais aussi de vous montrer que par l'histoire de ce parti, on peut commencer à comprendre sa complexité toujours actuelle. Dans un prochain post, nous tenterons de voir sa structuration et les personnalités qui dirigent le Parti Démocrate et tenterons de dégager ses perspectives. Tout un programme.
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Florian Lecoultre
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Libellés : parti démocrate, usa
mardi 12 août 2008
Guerre russo-géorgienne : clés de lecture sur le web
Alors que les JO démarrent en grandes pompes, une guerre se développe dans la région du Caucase. Entre d'une part les Géorgiens et les Ossètes du sud, la Géorgie souhaitant reprendre le contrôle sur cette région séparatiste. Entre, d'autre part, la Russie et les États-Unis, notamment sur la question cruciale des matières premières que sont le pétrole et le gaz. Pour tenter d'y voir plus clair sur ce conflit, voici une selection d'articles et de cartes susceptibles d'aider le commun des mortels...
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Jordan Parisse
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Libellés : guerre, géorgie, ossétie du sud, russie
lundi 14 juillet 2008
Obama / McCain : 1-1, balle au centre

Après de longues primaires démocrates, le véritable match a commencé. Barack Obama et John McCain seront départagés par les électeurs le 4 novembre prochain.
Barack Obama avait, lors de ces primaires, dénoncé avec plus ou moins de véhémence l'accord de libre-échange nord-américain, proposé un nouveau système de couverture santé (moins audacieux que la proposition d'Hillary Clinton, qui proposait une couverture santé universelle, ce que, en passant, avait promis de faire son mari alors président des Etats-Unis), avait réaffirmé son opposition à la guerre en Irak et avait fait du retrait du bourbier une de ses priorités. Tout cela, c'était durant les primaires, où la base du parti démocrate et de ses sympathisants est à convaincre pour espérer prétendre à être candidat. La nomination (quasi) en poche (la Convention démocrate de Denver la confirmera), Obama doit désormais séduire ceux qui font basculer les élections : les indépendants.
Ce sont le cauchemar des républicains et des démocrates : ils ont fait perdre Bush Sr. en 1992 (le candidat indépendant Ross Perot avait fait 18 %), comme ils ont certainement fait perdre Al Gore en 2000 (Bush gagna l'Etat de Floride avec 537 voix d'avance alors que le candidat indépendant Ralph Nader avait obtenu 96837 voix dans cet Etat...)
Pour éviter d'en arriver à des situations semblables à l'imbroglio de l'an 2000, les deux candidats se sont lancés dans la course aux indépendants. Et même dans la course au camp d'en face. En effet, est né "Republicans for Obama", association regroupant des conservateurs modérés se retrouvant dans le discours du démocrate. Réplique du camp d'en face avec "Citizens for McCain", Democrats and independants for McCain, avec à sa tête... l'ex co-listier d'Al Gore en 2000, Jospeh Lieberman (d'où l'obscure clarté de la politique américaine...). Lieberman, explique son soutien au candidat républicain par ses attaches israéliennes et "la politique de fermeté de McCain envers les ennemis d'Israel" l'a convaincu (notons aussi que Lieberman est autant de gauche que moi de droite.)
Cela me tend la perche pour un exemple probant : alors qu'il avait plusieurs fois dit qu'il soutenait la politique de la main tendue au Proche-Orient, Obama prend un virage à 180 degrés, et devant l'Aipac, le plus puissant lobby israélien américain, annonce que Jérusalem doit être la capitale exclusive de l'Etat hébreux, que l'aventure militaire israélienne au Sud-Liban était justifiée et n'aborde même pas les discussions israélo-palestiniennes pour la paix, alors au point mort. A noter que l'Aipac est systématique à droite du Likoud... (la vidéo est ici)
Depuis, Obama a tenté de "préciser" ses vues sur l'accord de libre-échange nord-américain en nuancant ses propres paroles d'il y a quelques mois, exprime son plein soutien à la peine de mort, bafouille sur le retrait des troupes américaines d'Irak ou encore son soutien au FISA (Foreign Intelligence Surveillance Act) qui autorise l'Etat américain à écouter ses citoyens (Nader, encore candidat indépendant en novembre prochain, a fait une vidéo à ce sujet : ici)
Barack Obama lorgne donc vraiment au centre et même sur sa droite en vue de l'échéance du 4 novembre. Cette stratégie globale est faite pour contre-attaquer McCain et ses soutiens indépendants, dûs aux nombreuses oppositions entre McCain et le parti républicain au Sénat. En tout cas ce qui est sûr, c'est que l'avance du démocrate se réduit selon un sondage Newsweek. Un sondage ne veut rien dire, surtout aux USA, mais il nous montre qu'une majorité d'américains estiment que Barack Obama a changé d'avis sur des thèmes majeurs pour obtenir un avantage politique (même si les américains le voit...).
La question est simple : cette course au centre ne risque-t-elle pas de décourager la base démocrate ? Réponse le 4 novembre.
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Florian Lecoultre
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dimanche 22 juin 2008
Lettre ouverte à Hortefeux et Darcos
En ce moment même, des centaines de milliers de lycéens révisent activement avant les épreuves du baccalauréat prévues à la fin de cette année scolaire 2007/2008. Pour nombre d’entre eux, lycéens sans-papiers, la préparation de l’examen s’accompagne de l’angoisse quotidienne d’une arrestation et d’une expulsion vers un pays qu’ils ne connaissent généralement pas et où ils n’ont plus d’attaches.
Souvent à peine majeurs, nos camarades sans-papiers vivent dans la peur du lendemain. Comment en effet préparer sereinement son avenir et réviser son baccalauréat lorsque l’on sait pouvoir être expulsé à tout moment ? Lorsque l’on craint d’être identifié par l’administration à l’occasion des épreuves pour être ensuite expulsé ? Leur vie est ici, avec leurs familles, leurs amis, et leurs engagements.
Obligés de vivre dans une crainte perpétuelle et de tenter de passer inaperçus en permanence, ces élèves comme les autres se voient infliger un traitement contraire aux règles de l’éthique les plus élémentaires et au droit universel à l’éducation. La traque dont ils sont victimes, certaines préfectures allant jusqu’à les convoquer au milieu des épreuves du baccalauréat, est profondément scandaleuse.
Engagée depuis sa fondation dans les actions du Réseau éducation sans frontières, l’Union nationale lycéenne réaffirme son indignation face à des politiques du chiffre qui brisent des vies pour remplir des quotas d’expulsions iniques, et sa détermination intacte à y opposer une résistance citoyenne, avec l’ensemble de la communauté éducative. Les choix du gouvernement provoquent des situations aberrantes et des drames humains toujours plus nombreux.
Nous vous exhortons aujourd’hui à nouveau solennellement de faire cesser la traque honteuse des lycéens sans-papiers et de leurs familles qui fait chaque jour de nouvelles victimes. Les grandes vacances ne doivent plus être synonymes de procédures d’expulsion de jeunes scolarisés.
Au nom des principes fondamentaux de l’Ecole de la République, nous vous demandons donc de régulariser tous les lycéens sans-papiers et leurs familles pour leur permettre d’enfin bénéficier du même droit à l’avenir que tout citoyen.
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Florian Lecoultre
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vendredi 6 juin 2008
Mariage annulé : et si c'était justifié ?
Tout est parti de ce jugement du Tribunal de grande instance de Lille d'avril 2006. Faisons d'abord un bref énoncé des faits, que tout le monde commence à connaître. Un homme et une femme, tous deux assez jeunes et de confession musulmane (ça aura son importance) décident de se marier. Le mari croit alors sa future femme vierge, et ne lui fait pas mystère de l'intérêt qu'il porte à cet état. Le soir de la nuit de noces, son petit monde s'effondre lorsqu'il découvre que sa femme l'a induit sciemment en erreur, et que plus tard elle lui avoue avoir eu auparavant des relations sexuelles. Ils se séparent. Trois semaines plus tard, souhaitant rompre un mariage selon lui fondé sur un mensonge, l'homme saisit la justice d'une procédure en nullité de son mariage. Il y a deux mois donc, le TGI de Lille donne raison au mari, en annulant le mariage.
Et là, c'est le drame. Avalanche de réactions atterrées, des féministes, des ministres, des partis politiques, toutes sensibilités confondues. Les gros mots sont lancés : « fatwa contre l'émancipation des femmes », application de la « charria » en France, dérive de la justice, montée du communautarisme religieux, archaïsme honteux, remise en cause de la liberté des femmes à disposer de leur corps, et j'en passe... À première vue donc, il n'y a pas de débat. La justice de la République a reconnu comme « qualité essentielle » pour une femme le fait d'être vierge. Damned. Nous sommes passés d'une République laïque à une République quasi-coranique. Vous qui êtes naturellement allé dévaliser votre pharmacie en tranquillisants, avez sorti de dessous le lit la carabine rouillée de papy pour préparer la Résistance contre l'invasion intégriste, rassurez-vous. Il n'en est rien.
À ce point, il serait bon de rappeler la loi sur laquelle le tribunal a fondé sa décision, soit l'article 180 du Code civil :
Le mariage qui a été contracté sans le consentement libre des deux époux, ou de l'un d'eux, ne peut être attaqué que par les époux, ou par celui des deux dont le consentement n'a pas été libre, ou par le ministère public. L'exercice d'une contrainte sur les époux ou l'un d'eux, y compris par crainte révérencielle envers un ascendant, constitue un cas de nullité du mariage.
S'il y a eu erreur dans la personne, ou sur des qualités essentielles de la personne, l'autre époux peut demander la nullité du mariage.
Première chose, c'est une procédure fort rare, les tribunaux n'en connaissent que 80 par an à peine. Tous ceux qui craignent un cas d'école feraient mieux de s'enquérir de ces chiffres. Que dit donc cet article ? Il dit que le mariage est un contrat qui lie deux individus qui ont consenti à se marier en pleine connaissance de cause, et par ailleurs selon des critères qui leur sont propres. Quand le Code civil parle de qualités essentielles de la personne, il parle évidemment de qualités essentielles pour l'autre conjoint, pas de qualités essentielles dans l'absolu. En effet, comment la loi pourrait-elle fixer pour tous des qualités essentielles objectives qui, si on se rendait compte qu'elles n'existaient en fait pas, pourraient être la raison de l'annulation d'un mariage ? Comment la loi pourrait-elle fixer en fait des critères objectifs de choix de l'autre conjoint, puisque c'est de ça dont il s'agit ? C'est impossible évidemment, puisque c'est moi et moi seul qui choisis avec qui et pour quelles raisons je me marie.
Ainsi il ne s'agit pas de dire que la virginité pour une femme serait dorénavant une condition possible d'annulation de tout mariage. La virginité était une qualité essentielle aux yeux du mari en question. Un autre élément doit absolument être réuni : la femme savait que cette condition était déterminante dans le choix de son mari de consentir au mariage, et que si elle lui avait dit le contraire, c'est-à-dire la vérité, il ne l'aurait pas épousée. Est-ce que je trouve ce critère complètement débile et archaïque ? Oui, absolument. Mais c'est le sien. Tout comme il est arrivé que des mariages aient été annulés parce qu'une femme a découvert après coup l'impuissance sexuelle de son mari. Ou parce qu'un autre a découvert que sa femme était atteinte d'une maladie qu'elle lui avait caché. Est-ce que tout cela est moral ? À mes yeux, peut-être pas. Est-ce le rôle du droit de déterminer « la » bonne morale de chacun, « la » bonne croyance, « la » bonne conscience ? Précisément, la laïcité que tout le monde dit attaquée par le jugement du TGI de Lille, nous en protège. Nous n'avons en effet pas à juger si ce critère correspond à ce que nous croyons être « les bonnes mœurs », sauf à vouloir complètement remettre en cause l'idée de libre consentement au mariage, ce qui pour le coup, serait un grave retour en arrière, puisque je le rappelle, la liberté du consentement au mariage est tout de même un élément de modernité, sinon je ne m'y connais pas.
Pour autant, est-ce que cette décision remet en cause les acquis des luttes des mouvements féministes au cours du 20ème siècle, comme on l'entend ça et là ? Absolument pas. Les femmes sont toujours libres dans notre beau pays, de disposer librement de leur corps. Ainsi, cette femme a totalement le droit, et c'est même conseillé, de se marier avec quelqu'un n'exigeant pas d'elle quelque chose d'aussi arriéré que sa virginité. Je pense et j'espère qu'il s'agit de la majorité des gens, et ce jugement ne signifie évidemment pas que demain, il faudra être vierge pour pouvoir se marier. J'ai même entendu dans un débat, Mme Filipetti, députée socialiste, arguer du fait que dans l'esprit de ce jugement, un homme pourrait demain faire annuler son mariage s'il découvre que sa femme n'était pas excisée alors qu'il s'agissait pour lui d'une qualité essentielle. C'est de la pure folie, comme quoi on aura vraiment tout entendu cette dernière quinzaine. Rappelons qu'en France, l'excision est considérée comme un acte de barbarie. Le droit français est inchangé après la décision du TGI de Lille, et il faut espérer qu'il le demeure.
Une autre remarque, qui a son importance. Quel aurait été le traitement de cette affaire par la classe politique et par les médias, si les consorts étaient en fait des catholiques très pratiquants ? Car c'est bien connu, il n'y a dans l'histoire que la religion musulmane qui se soit intéressée à la virginité et à la chasteté des femmes au moment de leur mariage. Il y a aujourd'hui un phénomène qui fait qu'à chaque fois qu'on peut lire, en extrapolant beaucoup, dans un événement, la trace d'une montée supposée de l'islamisme ou du communautarisme, on n'hésite pas à en faire les gros titres. Il y a moments où c'est justifié, j'ai par exemple soutenu à 100% l'attitude de Charlie Hebdo à l'époque de la polémique sur les caricatures de Mahomet. Aujourd'hui, je regrette par exemple la position de Caroline Fourest. Je crois que trop tirer sur la sonnette d'alarme, y compris quand ça n'est pas justifié comme aujourd'hui, c'est risquer de la casser, alors que les sujets réclamant l'indignation de l'opinion ne manquent pas en la matière. Quant à Ni putes ni soumises, je n'attends rien de cette association, et n'ai jamais rien attendu d'elle. Il ne s'agit que d'un écran médiatique, derrière lequel il n'y a pas grand monde, et sûrement pas, je parle pour sa direction tout au moins, des gens se préoccupant des droits des femmes. Leur position au cours de cette affaire me fait dire que j'ai raison.
Dans ce tourbillon médiatique, on oublie souvent un élément. Quid de la volonté de la jeune fille ? Elle a reconnu avoir menti à son conjoint, et avoir déjà eu des relations sexuelles. Elle a souhaité voir ce mariage annulé, pour en finir et tourner la page. Car oui, tous les grands défenseurs de cette jeune femme, ont tout simplement oublié... de s'enquérir de ses volontés, tout occupés qu'ils étaient à la défendre, parés de leurs plus beaux atours idéologiques, et visiblement malgré elle, puisque selon son avocat, toute cette effervescence lui a beaucoup coûté. Et lui coûtera encore, puisque la garde des sceaux a demandé au parquet général de former appel, et que donc il y aura un nouveau procès. Car ils oublient une chose, certainement très accessoire en comparaison à la force de leur bel et grand argumentaire. Si la justice avait décidé de ne pas annuler le mariage, que se serait-il passé ? Les deux époux s'en seraient allés constuire un ménage heureux et fécond ? Il est plus probable qu'ils auraient décidé de divorcer. Une procédure parfois assez lourde, et qui a le désavantage d'être notée de manière indélébile à l'état civil des deux ex-époux. L'humiliation pour l'ex-épouse, avec un statut de divorcée, aurait-elle été moins forte dans sa vie future ? L'inscription de son divorce à l'état civil aurait-il été plus efficace pour elle que la simple disparition de ce mariage dans sa reconstruction à venir ? Qu'il soit permis d'en douter.
Rédigé par
Quentin Grivet
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